
Épilepsie : reconnaître une crise et savoir quoi faire
Une absence, un regard fixe, une chute avec perte de conscience ou des gestes répétitifs peuvent être le signe d’une crise d’épilepsie. L’épilepsie est l’une des affections neurologiques les plus fréquentes : environ 50 millions de personnes en sont atteintes dans le monde. Bien soignée, elle permet le plus souvent une vie normale. Cet article présente les types de crises, les causes, la vie quotidienne, les premiers secours et la prise en charge.
Qu’est-ce que l’épilepsie ?
L’épilepsie est une affection chronique du cerveau. Elle se caractérise par des crises récurrentes, dues à des décharges électriques excessives dans un groupe de cellules cérébrales. Une crise isolée ne suffit pas à parler d’épilepsie : le diagnostic repose sur la répétition des crises et sur un bilan neurologique.
Dans la population générale, la maladie touche entre 4 et 10 personnes sur 1 000. Elle représente plus de 0,5 % de la charge mondiale de morbidité. L’épilepsie n’est pas contagieuse, et la cause reste inconnue dans environ la moitié des cas.
Quels sont les types de crises ?
Selon l’OMS, les crises peuvent concerner une partie du corps (crises partielles) ou le corps entier (crises généralisées). Elles vont d’une brève perte d’attention ou de secousses musculaires à de longues convulsions, et leur fréquence varie de moins d’une par an à plusieurs par jour. Le NHS décrit plusieurs formes :
- la crise tonico-clonique : perte de conscience, chute possible, raideur puis secousses du corps ;
- l’absence : perte brève de conscience de l’environnement ;
- la crise focale : sensations, impressions ou mouvements inhabituels ;
- les crises myocloniques (brèves secousses), toniques (raidissement soudain) et atoniques (relâchement musculaire soudain) avec récupération rapide pour ces deux dernières.
Les symptômes varient aussi selon la zone du cerveau concernée et la propagation de la décharge : désorientation, troubles du mouvement, sensations visuelles, auditives ou gustatives, modifications de l’humeur. C’est pourquoi un « comportement inhabituel » bref et répété doit faire consulter.
Quelles sont les causes ?
Parmi les causes identifiées :
- une lésion cérébrale survenue avant ou autour de la naissance ;
- des anomalies congénitales ou génétiques ;
- un traumatisme grave à la tête ;
- un accident vasculaire cérébral ;
- une infection du cerveau, comme une méningite ou une encéphalite ;
- une tumeur cérébrale.
Les symptômes débutent souvent chez le jeune enfant et chez les personnes de plus de 50 ans, d’après le NHS. Selon l’OMS, environ 25 % des cas pourraient être évités.
Déclencheurs et vie quotidienne
Chez certaines personnes, des facteurs favorisent les crises. Le NHS cite la fatigue, le stress, les règles, les lumières clignotantes, certains aliments ou boissons et l’excès d’alcool. Tenir un journal aide à repérer ses propres déclencheurs. Pour réduire les risques, voici des repères tirés du guide du NHS :
- Conduite : après une crise, il ne faut pas conduire ; la reprise dépend du type de crise et de la date de la dernière, selon la réglementation du pays.
- Travail et loisirs : le risque de crise peut limiter certaines activités ; la prudence s’impose avec la cuisine, les outils, la natation ou le sport.
- Domicile : privilégiez la douche au bain, informez vos proches de la conduite à tenir et gardez sur vous une carte ou un bracelet médical.
- Traitement : ne manquez aucune prise et ne changez rien sans avis médical.
Selon l’OMS, la stigmatisation est souvent plus difficile à surmonter que les crises elles-mêmes : parler ouvertement de la maladie aide l’entourage et l’employeur à mieux réagir.
Grossesse et enfant
Une grossesse est possible avec une épilepsie. D’après le NHS, les crises peuvent devenir plus fréquentes pendant la grossesse, et certains médicaments ne sont pas sûrs : si vous envisagez une grossesse ou apprenez que vous êtes enceinte, continuez le traitement et contactez rapidement votre équipe spécialisée, sans l’arrêter de vous-même.
Chez l’enfant, une crise survenant avec une forte fièvre est une convulsion fébrile, différente d’une crise d’épilepsie. Pour un enfant qui fait sa première crise, le NHS recommande d’appeler les secours ; pour un enfant de moins de 5 ans, il conseille un avis médical. Il est utile de venir à la consultation avec une personne qui a vu la crise : son récit aide au diagnostic.
Que faire face à une crise ?
La plupart des personnes qui ont une épilepsie connue n’ont pas toujours besoin d’être hospitalisées, et un plan de soins peut guider l’entourage. En attendant, selon l’Epilepsy Foundation :
- restez calme, notez l’heure de début et restez auprès de la personne jusqu’à son réveil complet ;
- éloignez les objets dangereux, glissez quelque chose de souple sous sa tête et ne la retenez pas ;
- ne mettez rien dans sa bouche ;
- si elle n’est pas réveillée, placez-la sur le côté et desserrez ce qui serre le cou.
Appelez les secours si c’est une première crise, si elle dure plus de cinq minutes, si la personne ne récupère pas comme d’habitude ou si une autre crise survient sans reprise de conscience, en cas de blessure, de difficulté respiratoire, de crise dans l’eau ou de grossesse. Le NHS ajoute trois crises ou plus en 24 heures.
Comment se soigne l’épilepsie et quand consulter ?
Le traitement repose sur des médicaments antiépileptiques pris chaque jour. En cas d’inefficacité, une chirurgie ou d’autres soins sont possibles. Selon l’OMS, jusqu’à 70 % des personnes atteintes pourraient vivre sans crises si elles avaient accès aux médicaments.
La prise en charge inclut aussi le dépistage des troubles associés, en particulier les troubles de l’apprentissage et la dépression, ainsi qu’un soutien psychologique et social. Le bilan fait souvent appel à l’électroencéphalogramme et à l’imagerie cérébrale.
Consultez sans attendre après toute première crise ou épisode inhabituel, et parlez à votre médecin avant de modifier un traitement.
Pour aller plus loin à la Clinique La Rose
Questions fréquentes
Une seule crise, est-ce de l’épilepsie ?
Pas forcément. Le diagnostic repose sur des crises répétées et sur un bilan neurologique. Toute première crise doit néanmoins faire consulter.
Quand appeler les secours ?
Pour une première crise, une crise de plus de cinq minutes, l’absence de récupération habituelle ou des crises qui s’enchaînent sans reprise de conscience.
Peut-on conduire avec une épilepsie ?
Après une crise, il ne faut pas conduire. La reprise dépend du type de crise, de la date de la dernière et de la réglementation du pays : demandez l’avis de votre médecin.
Une femme épileptique peut-elle avoir un enfant ?
Oui, une grossesse est possible. Il faut en parler avant avec l’équipe spécialisée, car certains médicaments doivent être adaptés, et ne jamais arrêter le traitement seule.
Peut-on guérir de l’épilepsie ?
Le traitement permet à une grande partie des patients de ne plus faire de crises. Selon l’OMS, jusqu’à 70 % pourraient vivre sans crises avec un traitement adapté.
Références
- OMS, Épilepsie, principaux repères (www.who.int)
- PsychoMédia, Qu’est-ce que l’épilepsie : causes, symptômes (d’après l’aide-mémoire de l’OMS) (www.psychomedia.qc.ca)
- OMS, Le traitement de l’épilepsie est très rarement disponible dans les pays à revenu faible (2019) (www.who.int)
- Assurance Maladie (ameli.fr), Traitement de l’épilepsie (www.ameli.fr)
- NHS, Epilepsy : living with epilepsy (www.nhs.uk)
- NHS, Epilepsy : symptoms (www.nhs.uk)
- Epilepsy Foundation, Seizure first aid (earlychildhood.marylandpublicschools.org)
Cet article est donné à titre d’information. Il ne remplace pas une consultation médicale : en cas de doute, parlez-en à votre médecin.



