
Surpoids et obésité : mesurer l’IMC, risques et prise en charge
Le surpoids et l’obésité se définissent comme une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle qui représente un risque pour la santé. L’obésité est reconnue comme une maladie chronique. Voici comment on la mesure, ce qu’elle entraîne et quand demander un avis médical.
Comment mesure-t-on l’excès de graisse ?
L’outil de référence est l’indice de masse corporelle (IMC) : le poids en kilogrammes divisé par le carré de la taille en mètres (kg/m²). Chez l’adulte, le calcul ne dépend ni de l’âge ni du sexe.
Selon l’Organisation mondiale de la santé :
- il y a surpoids quand l’IMC est égal ou supérieur à 25 ;
- il y a obésité quand l’IMC est égal ou supérieur à 30.
L’obésité est ensuite classée en trois niveaux : modérée (30 à 35), sévère (35 à 40) et massive (au-delà de 40). Chez l’enfant, on ne se fie pas à ces seuils mais aux courbes de croissance du carnet de santé.
L’IMC ne suffit pas toujours
L’IMC est un marqueur indirect de la masse grasse. D’autres mesures, comme le tour de taille, aident à poser le diagnostic. Un IMC élevé ne suffit pas, à lui seul, à diagnostiquer une obésité : c’est l’examen clinique qui permet de conclure.
Quels risques pour la santé ?
Le surpoids et l’obésité sont des facteurs de risque majeurs de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2, et des facteurs importants de décès prématuré. L’OMS cite également certains cancers, les troubles de l’appareil locomoteur comme l’arthrose, ainsi que des effets sur la fertilité et sur la qualité de vie.
La Haute Autorité de santé souligne que l’excès de poids augmente la morbidité, et que la mortalité totale augmente avec l’IMC, essentiellement à partir de 28 kg/m², sauf chez les patients âgés.
D’où vient la prise de poids ?
Parmi les facteurs favorisant la prise de poids, la HAS cite :
- des apports énergétiques excessifs (alimentation trop riche, boissons sucrées, grandes portions) ;
- la sédentarité ;
- la consommation d’alcool ;
- certaines périodes de la vie, comme la grossesse ou la ménopause.
Ces facteurs se combinent souvent. C’est pourquoi la prise en charge porte sur l’alimentation, l’activité physique et le suivi médical à la fois.
Comment prévenir la prise de poids ?
Pour l’OMS, la prévention passe d’abord par le mode de vie. Elle recommande de limiter les boissons sucrées et les aliments très caloriques, de réduire l’apport total en graisses et en sucres, et de consommer davantage de fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes et fruits à coque. Une activité physique régulière en fait partie : pour l’adulte, l’OMS cite au moins 150 minutes par semaine d’activité d’intensité modérée, davantage pouvant être nécessaire pour contrôler son poids.
L’OMS souligne aussi que l’environnement compte : elle appelle à des mesures collectives pour des environnements alimentaires plus sains. Les efforts individuels sont donc plus faciles lorsque l’entourage, le travail et les habitudes familiales vont dans le même sens.
Et chez les enfants et les adolescents ?
Selon l’OMS, 35 millions d’enfants de moins de cinq ans étaient en surpoids en 2024, et plus de 390 millions d’enfants et d’adolescents de 5 à 19 ans l’étaient en 2022. Les enfants en excès de poids le restent souvent à l’âge adulte et tendent à développer plus jeunes un diabète ou une maladie cardiovasculaire.
L’OMS considère la prévention comme l’approche la plus réaliste. Elle recommande notamment de limiter les portions et le sucre, de privilégier fruits, légumes et céréales complètes, et de pratiquer au moins 60 minutes par jour d’activité physique adaptée à l’âge. L’allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois figure aussi parmi ses mesures de prévention.
Chez l’enfant, le suivi de la corpulence se fait sur les courbes de croissance, avec le pédiatre ou le médecin traitant (pédiatrie).
Quand consulter ?
La HAS recommande que le médecin pèse régulièrement ses patients, au mieux à chaque consultation. Parlez-en à votre médecin si votre IMC dépasse 25, si votre tour de taille augmente, ou si vous avez déjà une maladie liée au poids (diabète, hypertension, douleurs articulaires, ronflements avec pauses respiratoires).
Le bilan peut associer consultation, examens biologiques et avis de spécialistes. Lorsque les mesures médicales ne suffisent pas et que l’obésité est sévère, une chirurgie de l’obésité peut être discutée en équipe.
Comment se déroule la prise en charge ?
Selon l’OMS, les professionnels de santé mesurent et pèsent les patients, les conseillent sur l’alimentation et l’activité physique, présentent les options médicales ou chirurgicales et suivent les autres facteurs de risque (glycémie, lipides, tension artérielle).
La première étape est une consultation : le médecin calcule l’IMC, mesure le tour de taille, recherche les maladies associées et retrace l’histoire du poids. Des examens biologiques complètent souvent ce bilan.
La prise en charge est ensuite construite avec vous. Elle repose d’abord sur des changements durables : alimentation, activité physique, sommeil. Selon la situation, un suivi par un nutritionniste, un endocrinologue ou un gastro-entérologue est proposé.
Pour les obésités sévères, lorsque ces mesures n’ont pas suffi, une équipe de chirurgie bariatrique étudie avec vous l’intérêt d’une intervention. La décision est prise après un bilan complet et une information détaillée sur les bénéfices, les risques et le suivi à long terme.
Pour aller plus loin à la Clinique La Rose
Questions fréquentes
Comment calculer mon IMC ?
Divisez votre poids (en kg) par votre taille (en mètres) au carré. Par exemple, 80 kg pour 1,75 m donne 80 ÷ (1,75 × 1,75), soit environ 26,1 : c’est un surpoids selon les seuils de l’OMS.
À partir de quel IMC parle-t-on d’obésité ?
Chez l’adulte, l’OMS parle d’obésité à partir d’un IMC de 30. Le surpoids commence à 25.
L’IMC est-il valable pour les enfants ?
Non. Chez l’enfant et l’adolescent, on utilise les courbes de croissance adaptées à l’âge et au sexe.
Que recommande l’OMS pour prévenir le surpoids ?
Limiter les boissons sucrées et les aliments très caloriques, manger davantage de fruits, légumes et céréales complètes, et pratiquer régulièrement une activité physique.
Combien de temps un enfant doit-il bouger chaque jour ?
L’OMS recommande au moins 60 minutes par jour d’activité physique adaptée à l’âge.
Références
- OMS, Obésité et surpoids, aide-mémoire (www.who.int)
- OMS Méditerranée orientale, Obésité (www.emro.who.int)
- Inserm, Dossier Obésité (www.inserm.fr)
- HAS, Surpoids et obésité de l’adulte : prise en charge médicale de premier recours (www.has-sante.fr)
- OMS, 6 facts on obesity (www.who.int)
- OMS, Childhood overweight and obesity (www.who.int)
Cet article est donné à titre d’information. Il ne remplace pas une consultation médicale : en cas de doute, parlez-en à votre médecin.



