
Automédication : définition, dangers et bon usage des médicaments
L’automédication consiste à prendre un médicament de sa propre initiative, sans avis médical. Pratique courante pour un rhume ou un mal de tête, elle n’est pas sans risque. Voici ce qu’il faut savoir pour la limiter aux situations qui s’y prêtent et éviter les erreurs les plus fréquentes.
Qu’est-ce que l’automédication ?
Selon France Assos Santé, l’automédication consiste à prendre, sans ordonnance, des médicaments disposant d’une autorisation de mise sur le marché, pour des symptômes courants et pendant une courte durée. Ces médicaments soulagent des symptômes mais ne guérissent pas la maladie. La Association médicale mondiale parle d’automédication responsable pour l’usage d’un médicament légalement disponible sans prescription, de sa propre initiative ou sur conseil d’un professionnel de santé ; l’usage de médicaments soumis à prescription sans ordonnance en est exclu.
Les dangers d’une automédication mal conduite
Tout médicament, prescrit ou non, peut avoir des effets indésirables et des contre-indications. Les principaux pièges sont :
- la composition mal connue : un même principe actif se retrouve dans plusieurs spécialités, ce qui expose au double dosage ;
- les interactions avec d’autres traitements, qui peuvent provoquer des accidents parfois graves ;
- la posologie et la durée non respectées, ou une date de péremption dépassée ;
- les allergies et antécédents que la notice permet de repérer ;
- le masquage des symptômes, qui peut retarder un diagnostic ;
- l’usage d’antibiotiques sans avis médical, qui favorise l’antibiorésistance : l’OMS Europe rappelle que les antibiotiques n’agissent pas contre les virus, comme ceux du rhume ;
- l’accoutumance à certains produits, et la somnolence, à prendre en compte avant de conduire (voir la notice).
France Assos Santé déconseille fortement l’automédication aux personnes atteintes de maladies chroniques, polymédiquées, aux femmes enceintes ou allaitantes, aux nourrissons et aux enfants.
Médicaments à surveiller : paracétamol, anti-inflammatoires, antibiotiques
Paracétamol. Un surdosage peut endommager gravement le foie. L’ANSM recommande de respecter les doses maximales et l’intervalle entre les prises, de vérifier la présence de paracétamol dans les autres médicaments (douleur, fièvre, rhume) et d’être vigilant en dessous de 50 kg ou en cas d’insuffisance hépatique. Le NHS gallois indique pour l’adulte un maximum de 8 comprimés de 500 mg par 24 heures, avec au moins 4 heures entre deux prises.
Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Ibuprofène et aspirine peuvent entraîner des complications rénales et digestives. Selon l’ANSM, ils sont toxiques pour le fœtus à partir du 6e mois de grossesse, il ne faut jamais associer deux AINS, et il faut les éviter en cas de varicelle. Un document du NHS précise qu’une utilisation prolongée peut entraîner des problèmes rénaux.
Antibiotiques. Ils ne se prennent que sur prescription. Réutiliser un reste de traitement favorise la résistance bactérienne.
Grossesse, enfants, seniors : une prudence particulière
Pendant la grossesse, tout médicament doit être validé par un professionnel. Le NHS indique que le paracétamol est l’antalgique de première intention, alors que le NHS déconseille les AINS en cas de grossesse ou de suspicion de grossesse. Chez l’enfant, les doses dépendent du poids et de l’âge : demandez conseil avant de donner un médicament. Les personnes âgées sont plus sensibles aux AINS (troubles digestifs et rénaux, confusion, selon le même document) et prennent souvent plusieurs traitements, ce qui multiplie les risques d’interactions.
Une automédication responsable : les repères essentiels
L’OMS définit l’autosoin comme la capacité à promouvoir sa santé et à faire face à la maladie avec ou sans l’aide d’un professionnel, en complément du système de santé et non à sa place ; elle ne recommande que des produits sûrs, efficaces et réglementés. Concrètement, les recommandations de France Assos Santé et de l’ANSM sont les suivantes :
- réserver l’automédication aux symptômes bénins, déjà connus ;
- prendre la dose la plus faible, le moins longtemps possible, et arrêter dès la disparition des symptômes ;
- lire la notice et respecter la posologie ;
- ne pas dépasser environ 3 jours pour la fièvre et 5 jours pour la douleur sans avis médical ;
- signaler au pharmacien les autres traitements en cours ;
- ne jamais réutiliser un médicament prescrit pour une autre occasion ou une autre personne.
Rangement, péremption et rôle du pharmacien
Vérifiez la date de péremption avant chaque utilisation et rapportez à la pharmacie les médicaments périmés ou inutilisés, qui y sont repris (France Assos Santé). Conservez-les dans leur emballage d’origine avec la notice, hors de portée des enfants. Le pharmacien conseille et vérifie l’absence d’interaction ; en France, les médicaments contenant du paracétamol, de l’ibuprofène ou de l’aspirine sont d’ailleurs placés derrière le comptoir depuis janvier 2020, ce qui favorise ce dialogue. Les médicaments achetés sur des sites non autorisés peuvent être falsifiés.
Quand consulter un médecin ?
Consultez si les symptômes persistent au-delà de quelques jours, s’aggravent, reviennent, ou si une fièvre élevée, une douleur intense, un essoufflement ou une éruption cutanée apparaissent. Un avis est aussi nécessaire en cas de grossesse, de maladie chronique, de traitement en cours ou chez un nourrisson. En cas de prise excessive d’un médicament, même sans symptôme, contactez sans attendre un médecin, un centre antipoison ou les urgences.
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Questions fréquentes
Quelle est la différence entre automédication et prescription ?
En automédication, vous choisissez vous-même un médicament disponible sans ordonnance. En prescription, un professionnel de santé décide du traitement après examen.
Combien de temps peut-on s’automédiquer ?
Sur de courtes durées : l’ANSM cite environ 3 jours pour la fièvre et 5 jours pour la douleur. Au-delà, ou si les symptômes persistent, un avis médical est nécessaire.
Peut-on associer deux médicaments contre la douleur ?
Pas sans conseil : le paracétamol se retrouve dans de nombreuses spécialités et deux anti-inflammatoires ne doivent jamais être associés. Demandez l’avis du pharmacien.
Que faire des médicaments périmés ?
Ne les utilisez pas et rapportez-les à la pharmacie, où ils sont repris.
Peut-on se soigner seul pendant la grossesse ?
Non, tout médicament doit être validé par un professionnel de santé. Les anti-inflammatoires sont notamment déconseillés pendant la grossesse.
Références
- Fiche A.13 : l’automédication (France Assos Santé) (france-assos-sante.org)
- Paracétamol et AINS : renforcer le conseil du pharmacien (ANSM) (ansm.sante.fr)
- Self-care for health and well-being (OMS) (who.int)
- 1 in 3 use antibiotics without prescription (OMS Europe) (who.int)
- WMA Statement on Self-medication (wma.net)
- Paracetamol for adults (NHS Wales) (111.wales.nhs.uk)
- Non-steroidal anti-inflammatory drugs (Dudley Group NHS) (dgft.nhs.uk)
Cet article est donné à titre d’information. Il ne remplace pas une consultation médicale : en cas de doute, parlez-en à votre médecin.



