
Donner son sang en Tunisie : conditions, fréquence et déroulement
Le sang ne se fabrique pas : il ne peut venir que d’un donneur. En Tunisie, environ 250 000 unités ont été collectées en 2025, alors que les besoins sont estimés entre 290 000 et 300 000 unités par an. Chaque don compte. Voici qui peut donner, quelles sont les contre-indications, comment se passe le don et ce qu’il faut faire après.
Pourquoi donner son sang ?
Les produits sanguins sont indispensables pour soigner les personnes atteintes de maladies chroniques ou graves, réaliser des interventions chirurgicales complexes, traiter les victimes d’accidents et sauver des mères et des nouveau-nés dans les situations critiques.
Selon le Centre national de transfusion sanguine (CNTS), la Tunisie a besoin d’environ 40 000 dons supplémentaires chaque année pour couvrir ses besoins. L’Organisation mondiale de la santé recommande de s’appuyer sur des dons réguliers, volontaires et non rémunérés, dont le sang dépisté est selon elle « la pierre angulaire » d’un approvisionnement sûr et suffisant.
Le CNTS appelle chacun à participer aux campagnes de collecte et à devenir donneur régulier : c’est la régularité des dons qui permet de maintenir des stocks suffisants pour répondre aux besoins des patients et des blessés. Des collectes sont organisées toute l’année, y compris dans l’espace public.
Qui peut donner ?
Selon les règles tunisiennes, peut donner son sang toute personne :
- âgée de 18 à 65 ans ;
- pesant au moins 50 kg ;
- reconnue apte au don par le médecin de la structure transfusionnelle.
À quelle fréquence ?
Un homme peut donner jusqu’à cinq fois par an, une femme jusqu’à trois fois par an. Le CNTS indique un intervalle minimum de deux mois entre deux dons ; la fiche administrative officielle précise 8 semaines pour les hommes et 12 semaines pour les femmes.
Quelles contre-indications ?
Le médecin vérifie à chaque don, lors de l’entretien et de l’examen, l’absence de contre-indication, temporaire ou définitive. La fiche officielle cite notamment :
- des infections virales (VIH, hépatites B et C, grippe) ou bactériennes (angine, gastro-entérite) ;
- certains traitements médicaux ;
- des maladies comme l’anémie, l’hypertension, le diabète ou une maladie cardiovasculaire.
Une infection en cours, comme la grippe, interdit le don le temps de la guérison ; certains séjours à l’étranger et un taux d’hémoglobine insuffisant peuvent aussi empêcher de donner. En cas de doute, répondez avec franchise au questionnaire : la décision revient au médecin, pour protéger à la fois le donneur et le receveur.
Groupes sanguins et compatibilité
Le groupe sanguin (A, B, AB ou O) et le rhésus déterminent qui peut recevoir votre sang. Pour les globules rouges, les personnes de groupe O négatif sont « donneurs universels » et celles de groupe AB positif « receveurs universels » ; pour le plasma, ce sont les personnes de groupe AB qui sont donneuses universelles, d’après cette fiche de la Fédération hospitalière de France. Le CNTS indique de son côté que les donneurs de groupe O sont particulièrement sollicités.
La carte de donneur remise après le premier don mentionne votre groupe : conservez-la.
Sang total, plaquettes, plasma : quelles différences ?
Le don le plus courant est le sang total. En Tunisie, le prélèvement est d’environ 420 à 480 ml selon le poids, pour 8 à 10 minutes de prélèvement. D’autres dons existent. En France, par exemple, les plaquettes et le plasma sont prélevés par aphérèse : une machine sépare le composant voulu et restitue le reste au donneur. Ces dons durent plus longtemps (environ 1 h pour le plasma et 1 h 30 pour les plaquettes) et suivent des règles propres. Renseignez-vous auprès du CNTS sur les dons proposés dans votre région.
Le don est-il sans risque pour le donneur ?
La quantité prélevée ne dépasse jamais 8 % du volume sanguin total, un volume que l’organisme reconstitue rapidement. Tout le matériel utilisé est stérile, à usage unique et détruit après chaque prélèvement, ce qui garantit la sécurité du donneur comme du receveur.
Un entretien et un examen médical ont lieu avant chaque don : ils permettent de vérifier que vous pouvez donner ce jour-là sans risque.
Comment se déroule le don, et que faire après ?
Vous pouvez vous présenter au CNTS ou dans un centre régional de transfusion sanguine avec votre carte d’identité nationale, avec ou sans rendez-vous. Après l’inscription, un médecin vous reçoit en consultation pour confirmer que vous pouvez donner. La visite dure environ 45 minutes, dépistage et repos compris.
Après le don
Reposez-vous et prenez la collation proposée (eau, gâteau ou lait), même sans faim, comme le recommande la fiche officielle. Il est aussi conseillé de boire abondamment et de manger quelque chose.
Ce que le don vous apporte
- Un examen médical complet et un dépistage de la syphilis, des hépatites B et C et du VIH. En cas de résultat positif, le centre assure l’information et l’orientation vers un suivi adapté.
- Une carte de donneur indiquant votre groupe sanguin, qui vous donne, ainsi qu’à vos proches (parents, conjoint, enfants), une priorité d’accès au sang pendant un an.
Pour aller plus loin à la Clinique La Rose
Questions fréquentes
À partir de quel âge peut-on donner son sang en Tunisie ?
De 18 à 65 ans, à condition d’être en bonne santé, de peser au moins 50 kg et d’être reconnu apte par le médecin.
Combien de fois par an peut-on donner ?
Jusqu’à cinq fois par an pour un homme et trois fois pour une femme, en respectant un intervalle minimum entre deux dons.
Quelles maladies empêchent de donner ?
La fiche officielle cite notamment les infections (VIH, hépatites, grippe), l’anémie, l’hypertension, le diabète et les maladies cardiovasculaires. Le médecin décide lors de l’entretien.
Que faire après un don de sang ?
Reposez-vous, buvez et mangez la collation proposée, même sans faim, et gardez votre carte de donneur.
Le don de sang est-il dangereux ?
Non. Le volume prélevé ne dépasse pas 8 % du volume sanguin et le matériel est stérile et à usage unique.
Références
- Nessma, Don de sang en Tunisie : le CNTS rappelle les règles (2025) (www.nessma.tv)
- Idaraty (portail administratif tunisien), Don du sang total (idaraty.tn)
- AllAfrica / La Presse, Tunisie : 40 000 dons supplémentaires nécessaires chaque année (2026) (fr.allafrica.com)
- OMS, L’OMS appelle à augmenter le nombre de donneurs volontaires (2015) (www.who.int)
- Hopital.fr (FHF, avec l’EFS), Don de sang (www.hopital.fr)
- Hopital.fr (FHF), Les groupes sanguins (www.hopital.fr)
Cet article est donné à titre d’information. Il ne remplace pas une consultation médicale : en cas de doute, parlez-en à votre médecin.



