
Le lipofilling, aussi appelé lipomodelage ou transfert de graisse, consiste à prélever de la graisse sur une zone du corps pour augmenter le volume des seins ou en affiner le contour. Cet article est le pendant de notre article sur les implants mammaires. Vous y trouverez les situations où il est proposé, sa préparation, la part de graisse qui survit habituellement, ainsi que les risques et les contrôles d’imagerie à discuter avec votre chirurgien.
Qu’est-ce que le lipofilling mammaire, et à qui s’adresse-t-il ?
Le chirurgien prélève de la graisse par liposuccion dans une zone comme l’abdomen ou la cuisse, la purifie, puis la réinjecte dans les seins (HAS). L’ASPS présente la technique comme une option pour les femmes qui souhaitent une augmentation relativement faible du volume mammaire et préfèrent un résultat naturel (ASPS).
Deux situations doivent être distinguées :
- Augmentation esthétique : la fiche d’information de la SOF.CPRE décrit le gain comme modéré (SOF.CPRE), et l’ASPS classe les preuves disponibles au grade B, composées surtout de séries de cas et d’avis d’experts (ASPS).
- Reconstruction : après un traitement du cancer du sein, le transfert de graisse est utilisé seul ou, plus souvent, en complément d’une autre technique pour restaurer le volume et l’aspect (HAS).
La principale limite pratique est la quantité de graisse disponible : la seule contre-indication citée par les Hôpitaux universitaires de Genève est l’insuffisance de réserves graisseuses, de sorte que les personnes très minces peuvent ne pas être candidates (HUG).
Comment se préparer ?
La fiche de la SOF.CPRE prévoit un examen clinique des seins, une mammographie et une échographie (IRM si besoin), le bilan préopératoire habituel et une consultation d’anesthésie ; toute anomalie suspecte fait reporter l’intervention (SOF.CPRE). Votre chirurgien vous interrogera aussi sur vos antécédents personnels et familiaux de maladie du sein. L’ASPS recommande la prudence chez les patientes à haut risque, par exemple porteuses d’une mutation BRCA1 ou BRCA2 ou ayant des antécédents personnels ou familiaux de cancer du sein (ASPS).
- Tabac : la SOF.CPRE demande un arrêt complet, cigarette électronique comprise, au moins un mois avant l’intervention et jusqu’à cicatrisation, soit environ 15 jours après (SOF.CPRE).
- Médicaments : pas d’aspirine ni d’anti-inflammatoires dans les 15 jours précédant l’intervention, selon la même fiche. Interrogez votre médecin pour les anticoagulants et les compléments ; n’arrêtez jamais seule un traitement prescrit.
Comment se déroulent l’intervention et la convalescence ?
Selon la fiche de la SOF.CPRE, l’intervention dure 1 à 4 heures, avec une hospitalisation de 12 à 24 heures (SOF.CPRE). La douleur est en général modérée et peut être plus marquée aux sites de prélèvement. Repères habituels :
- gonflement pendant 1 à 3 mois, ecchymoses disparaissant en 10 à 20 jours ;
- fatigue pendant 1 à 2 semaines ;
- pas d’exposition au soleil pendant au moins 4 semaines.
Les premiers résultats apparaissent vers le premier mois et un résultat proche du résultat final demande 3 à 6 mois, soit plus que les 2 à 3 mois souvent annoncés (SOF.CPRE).
Quelle part de la graisse survit, et combien de séances faut-il ?
Toute la graisse injectée ne survit pas. La fiche de la SOF.CPRE indique un taux de prise de la greffe de 60 à 70 %, soit environ 30 à 40 % de perte (SOF.CPRE). Les Hôpitaux universitaires de Genève précisent qu’une partie de la graisse est résorbée durant les trois premiers mois (HUG). Comme on ne peut injecter qu’une quantité limitée à chaque fois, plusieurs séances sont souvent nécessaires.
- Une deuxième séance peut être faite quelques mois plus tard, et des retouches sont possibles à partir du sixième mois (SOF.CPRE).
- En reconstruction, la HAS indique en général une à deux séances en association avec un lambeau et trois à quatre pour un lipomodelage seul (HAS).
Les sources consultées ne donnent pas de volume fiable en tailles de bonnet : le gain attendu est décrit comme modéré, et tout chiffre doit être discuté avec votre chirurgien comme une estimation, non comme un objectif.
Que devient la graisse si votre poids change ?
La graisse qui a survécu se comporte comme la graisse du reste du corps : elle n’est pas figée. Les Hôpitaux universitaires de Genève indiquent qu’une fois la résorption terminée, la graisse restante est durable mais évolue avec le poids, comme le reste du corps (HUG). La SOF.CPRE recommande donc un poids stable ; une perte de poids importante réduit le volume des seins et une prise de poids peut l’augmenter (SOF.CPRE). Un poids stable protège le résultat, mais aucun résultat n’est assuré de rester inchangé.
Quels sont les risques, et quelle surveillance par imagerie ?
Les risques rapportés comprennent l’infection, la mort de cellules graisseuses (cytostéatonécrose), les kystes, les microcalcifications et la perte de volume de la greffe (ASPS, ASPS).
- Cytostéatonécrose : zones fermes rares qui diminuent et s’assouplissent en général en plusieurs mois ; signalez celles qui persistent ou grossissent (SOF.CPRE).
- Kystes huileux : bénins, plus probables si l’on injecte trop de graisse, et parfois ponctionnés à l’aiguille (HUG).
- Microcalcifications : liées à la cicatrisation et différentes de celles associées au cancer, selon la SOF.CPRE (SOF.CPRE).
Comme ces modifications peuvent apparaître à l’imagerie, la SOF.CPRE propose une mammographie et une échographie de référence un an après l’intervention, idéalement lues par le même radiologue, puis à 2 ans et éventuellement 3 ans (SOF.CPRE). L’ASPS note que les études disponibles, limitées, ne confirment pas la crainte que le transfert de graisse retarde la détection d’un cancer, mais le consentement éclairé doit préciser que les preuves de sécurité et d’efficacité sont limitées (ASPS).
Quand consulter et que demander ?
Consultez un chirurgien plastique si vous souhaitez un gain de volume modéré et d’aspect naturel, ou si vous envisagez une reconstruction après une chirurgie du sein. Apportez vos examens d’imagerie, vos antécédents personnels et familiaux et la liste de vos médicaments. Questions à poser :
- Ai-je assez de graisse pour le volume souhaité ?
- Combien de séances sont probables, et à quels intervalles ?
- Quelle surveillance par imagerie recommandez-vous ?
- Comment cette option se compare-t-elle aux implants dans mon cas ?
Pour aller plus loin à la Clinique La Rose
Questions fréquentes
Quelle part de la graisse transférée est perdue ?
La SOF.CPRE indique un taux de prise de 60 à 70 %, soit environ 30 à 40 % de perte. Une partie de cette perte survient durant les trois premiers mois.
Combien de séances sont nécessaires ?
Cela varie. Une deuxième séance peut avoir lieu quelques mois plus tard ; en reconstruction, la HAS cite une à quatre séances selon la technique.
Puis-je prendre du poids après l’intervention ?
La graisse qui a survécu évolue avec le poids comme celle du reste du corps : une prise ou une perte de poids peut modifier le volume des seins. Un poids stable est recommandé.
Une mammographie est-elle nécessaire ?
Oui avant l’intervention ; la SOF.CPRE propose aussi une mammographie et une échographie un an après, puis à 2 ans et éventuellement 3 ans.
Les personnes très minces peuvent-elles bénéficier du lipofilling ?
Pas si les réserves de graisse sont insuffisantes : c’est la principale contre-indication citée par les Hôpitaux universitaires de Genève.
Références
- Fiche d’information : lipomodelage (transfert graisseux) mammaire, SOF.CPRE (hopital-novo.fr)
- ASPS Fat Transfer / Fat Graft Guiding Principles (plasticsurgery.org)
- Fat Transfer Breast Augmentation (ASPS) (plasticsurgery.org)
- Fat Transfer Breast Augmentation: Risks and Safety (ASPS) (plasticsurgery.org)
- Lipofilling ou lipostructure (HUG) (hug.ch)
- Reconstruction mammaire par injection de graisse ou lipomodelage (HAS) (has-sante.fr)
Cet article est donné à titre d’information. Il ne remplace pas une consultation médicale : en cas de doute, parlez-en à votre médecin.



