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Scoliose : types, signes, diagnostic et prise en charge

Mis à jour le 19 octobre 20266 min de lecture

La scoliose est une déformation de la colonne vertébrale, le plus souvent découverte pendant l’enfance ou l’adolescence. Cet article présente sa fréquence, ses principaux types, les signes qui doivent attirer l’attention et les options de prise en charge selon l’âge et l’importance de la courbure.

Qu’est-ce que la scoliose, et à quelle fréquence survient-elle ?

Le Manuel MSD définit la scoliose comme une courbure anormale de la colonne vertébrale sur le côté. Chez l’adolescent, on parle de scoliose idiopathique lorsque l’angle de Cobb mesuré sur la radiographie atteint au moins 10 degrés, sans anomalie congénitale ou neuromusculaire sous-jacente (American Family Physician).

Environ 1 à 3 % des enfants de 10 à 16 ans sont concernés selon le Manuel MSD, et à peu près 3 % des enfants et adolescents selon la Revue du Praticien. Garçons et filles sont atteints à fréquence comparable, mais les filles ont environ 10 fois plus de risque de voir la courbure progresser jusqu’à un stade nécessitant un corset ou une chirurgie.

Quels sont les différents types de scoliose ?

D’après le NHS, la cause reste inconnue dans environ 8 cas sur 10 : c’est la scoliose idiopathique. Elle n’est liée ni à une mauvaise posture, ni à l’exercice, ni à l’alimentation, mais une prédisposition familiale est possible. Les autres formes sont :

  • congénitale : les os de la colonne ne se sont pas formés normalement avant la naissance ;
  • neuromusculaire : liée à une maladie nerveuse ou musculaire, par exemple une paralysie cérébrale ou une myopathie ;
  • dégénérative : due à l’usure de la colonne, chez la personne âgée.

La forme idiopathique est classée par âge d’apparition : petite enfance, enfance et adolescence (MedlinePlus).

Quels signes doivent faire évoquer une scoliose ?

Une scoliose légère ne provoque souvent aucun symptôme. Les signes visibles sont une épaule plus haute que l’autre, des hanches asymétriques, une cage thoracique asymétrique ou des vêtements qui tombent de travers. Des douleurs dorsales peuvent apparaître, surtout chez l’adulte (NHS, Manuel MSD).

Lors de l’examen, le médecin demande à la personne de se pencher en avant (test d’Adams) : la déformation est alors plus visible, notamment une saillie d’un côté du dos, la gibbosité. Selon l’American Family Physician, ce test de flexion avant a une sensibilité d’au moins 92 % pour les scolioses thoraciques dont l’angle dépasse 20 degrés ; il est moins fiable pour les courbures lombaires.

Comment confirme-t-on le diagnostic ?

La radiographie de la colonne est l’examen de référence : elle visualise la courbure et permet de mesurer l’angle de Cobb, tracé entre les vertèbres les plus inclinées en haut et en bas de la courbe (Manuel MSD). MedlinePlus souligne que la courbure réelle peut être plus importante que ne le laisse penser l’examen clinique. Selon les cas, une IRM ou un scanner peut compléter le bilan.

C’est cette mesure qui distingue une véritable scoliose d’une simple asymétrie du dos : seul le médecin, après examen et radiographie, peut trancher. Une surveillance régulière est ensuite organisée pour vérifier si la courbure évolue.

Quelle prise en charge selon l’âge et l’angle de Cobb ?

Le NHS rappelle que le traitement dépend de l’âge, de la gravité et du risque d’aggravation, et que beaucoup de personnes n’ont besoin d’aucun traitement. Le risque d’évolution est plus élevé pour une courbure plus importante, un jeune âge au moment du diagnostic, une poussée de croissance et une courbure dorsale haute (Manuel MSD). Selon l’American Family Physician, pour l’adolescent en croissance :

  • moins de 20 degrés : surveillance, avec une radiographie tous les six mois pour les angles de 10 à 19 degrés ;
  • 20 à 39 degrés : avis spécialisé pour envisager un corset, parfois associé à de la kinésithérapie ;
  • 40 degrés ou plus : avis chirurgical.

Dans l’essai BrAIST, plus de 70 % des adolescents portant un corset ont évité une courbure de 50 degrés ou plus, contre 48 % en simple observation. L’intérêt de la rééducation spécifique reste débattu selon les sources, et le NHS indique qu’il n’est pas établi que les exercices du dos améliorent la scoliose.

La chirurgie consiste en une arthrodèse (fusion vertébrale avec tige métallique) pour les cas modérés à sévères. Chez l’adulte, elle n’est que très occasionnellement nécessaire, surtout pour la douleur ; les antalgiques et les injections sont les premières options (NHS).

Dépistage, activité et quand consulter

Le dépistage scolaire fait l’objet de positions différentes : l’American Family Physician rapporte que l’USPSTF et l’AAFP estiment les preuves insuffisantes entre 10 et 18 ans, alors que l’AAOS, la SRS, la POSNA et l’AAP le soutiennent. Les parents peuvent néanmoins observer le dos de leur enfant et en parler au médecin.

Consultez si vous ou votre enfant présentez une asymétrie des épaules ou du dos, des douleurs persistantes ou une gêne respiratoire, ou si la courbure s’aggrave après la fin de la croissance (NHS). Le NHS précise que la plupart des personnes atteintes mènent une vie normale, y compris sportive, sauf avis contraire du médecin.

Pour aller plus loin à la Clinique La Rose

Questions fréquentes

La scoliose est-elle due à une mauvaise posture ?

Non. Le NHS indique que la scoliose idiopathique n’est liée ni à la posture, ni à l’exercice, ni à l’alimentation ; la cause reste inconnue dans environ 8 cas sur 10.

La scoliose touche-t-elle plus les filles ?

Garçons et filles sont atteints à fréquence comparable, mais les filles ont environ 10 fois plus de risque de voir la courbure progresser jusqu’au stade du corset ou de la chirurgie.

Faut-il toujours porter un corset ou être opéré ?

Non. Beaucoup de scolioses nécessitent seulement une surveillance. Le corset est envisagé pour les courbures intermédiaires chez l’enfant en croissance, la chirurgie pour les courbures plus marquées.

Peut-on faire du sport avec une scoliose ?

En général oui : selon le NHS, la plupart des personnes mènent une vie normale, sport compris, sauf avis médical contraire.

Références

Cet article est donné à titre d’information. Il ne remplace pas une consultation médicale : en cas de doute, parlez-en à votre médecin.