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Clinique la rose

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Infertilité et PMA : comprendre l’assistance médicale à la procréation

Mis à jour le 5 décembre 20247 min de lecture

Les difficultés à concevoir sont fréquentes et ont souvent une cause identifiable. Cet article présente la définition de l’infertilité, les facteurs impliqués, le moment où consulter et les principales techniques de l’assistance médicale à la procréation (AMP, ou PMA) : insémination intra-utérine (IIU), fécondation in vitro (FIV) et injection intracytoplasmique de spermatozoïde (ICSI). La FIV et l’ICSI font chacune l’objet d’un article dédié.

Comment définit-on l’infertilité ?

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit l’infertilité comme une maladie de l’appareil reproducteur masculin ou féminin, diagnostiquée en l’absence de grossesse après 12 mois ou plus de rapports sexuels réguliers non protégés. La cause peut concerner la femme, l’homme, les deux, ou rester inexpliquée. Selon la même source, environ une personne en âge de procréer sur six est concernée au cours de sa vie.

On distingue deux formes. L’infertilité primaire concerne une personne qui n’a jamais obtenu de grossesse. L’infertilité secondaire concerne une personne qui a déjà eu au moins une grossesse : avoir déjà un enfant n’exclut donc pas un problème de fertilité.

Quelles sont les causes et les facteurs de risque ?

Les origines sont multiples. Chez la femme, l’OMS cite l’obstruction des trompes, les anomalies de l’utérus (endométriose, fibromes), les troubles ovariens comme le syndrome des ovaires polykystiques et les déséquilibres hormonaux. Chez l’homme, il peut s’agir d’une obstruction des voies génitales, d’un trouble hormonal, d’une insuffisance testiculaire ou d’anomalies de la forme ou de la mobilité des spermatozoïdes.

Plusieurs facteurs peuvent diminuer les chances de conception :

  • L’âge : la fertilité diminue avec l’âge.
  • Le poids : le surpoids (IMC de 30 ou plus) réduit la fertilité, et chez la femme le surpoids comme une maigreur importante peuvent perturber l’ovulation.
  • Le tabac : le tabagisme, y compris passif, diminue les chances de concevoir et peut altérer la qualité du sperme.
  • L’alcool : une consommation importante peut altérer la qualité des spermatozoïdes.
  • Infections et environnement : les infections sexuellement transmissibles non traitées et l’exposition à des polluants ou toxiques sont aussi citées par l’OMS.

Dans environ un quart des cas, aucune cause n’est retrouvée.

Quand faut-il consulter ?

Le service de santé britannique (NHS) conseille d’envisager une consultation lorsqu’une grossesse n’est pas survenue après un an de tentatives. Les femmes de 36 ans et plus, ainsi que les personnes qui connaissent déjà un problème de fertilité, sont invitées à consulter plus tôt.

La première étape est généralement un bilan des deux partenaires. L’Agence de la biomédecine décrit un bilan féminin (dosages hormonaux, échographie pelvienne avec compte des follicules antraux, vérification de la perméabilité des trompes) et un bilan masculin (spermogramme, test de migration-survie des spermatozoïdes). Les résultats orientent le choix du traitement.

L’insémination intra-utérine (IIU) : la technique la plus simple

L’IIU consiste à déposer des spermatozoïdes préparés directement dans l’utérus au moment de l’ovulation. Selon l’Agence de la biomédecine, c’est la technique la plus simple : la stimulation ovarienne vise en général un ou deux follicules, suivis par échographie et dosages hormonaux, et l’insémination est programmée lorsque les follicules sont matures. Elle suppose des spermatozoïdes mobiles et normaux après préparation, ainsi que des trompes saines et perméables.

Les résultats dépendent fortement de l’âge. En France en 2023, des naissances vivantes ont été obtenues dans 10,9 % des cycles d’IIU avec sperme du conjoint, de 13,6 % avant 30 ans à 2,5 % à partir de 43 ans. Ce sont des moyennes nationales, qui ne prédisent pas le résultat d’un couple en particulier.

FIV et ICSI : la fécondation au laboratoire

Dans la FIV, les ovocytes sont prélevés après stimulation ovarienne, mis en présence des spermatozoïdes au laboratoire, puis l’embryon obtenu est placé dans l’utérus. Le déroulé complet dure environ 3 à 6 semaines. La FIV est envisagée lorsque d’autres traitements ont échoué ou lorsqu’une cause précise, comme des trompes abîmées, la justifie. Notre article sur la fécondation in vitro détaille chaque étape.

L’ICSI suit le même déroulé que la FIV, mais un seul spermatozoïde est injecté dans chaque ovocyte mature à l’aide d’une fine aiguille. L’Agence de la biomédecine la présente comme principalement indiquée en cas d’anomalies sévères du sperme, de spermatozoïdes prélevés chirurgicalement ou de certains échecs de FIV classique. Notre article sur l’ICSI en précise les indications et les différences avec la FIV conventionnelle.

Quels risques et quelles limites connaître ?

L’AMP ne fonctionne pas pour tout le monde et comporte des risques. L’autorité britannique (HFEA) indique qu’environ un tiers des femmes développent un syndrome d’hyperstimulation ovarienne léger après stimulation, le plus souvent gérable à domicile, les formes sévères étant moins fréquentes et nécessitant une prise en charge urgente. Les grossesses multiples exposent la mère et les bébés à davantage de complications : au moins la moitié des jumeaux naissent prématurément avec un faible poids.

En France en 2023, 4,5 % des accouchements après FIV/ICSI étaient gémellaires, contre 7,1 % après IIU. Le transfert d’un seul embryon est l’un des moyens de limiter ce risque.

Le risque dépend aussi de la situation : la technique est choisie selon la cause, l’âge et les antécédents de chaque couple.

Que discuter avec votre médecin ?

Avant tout traitement, un spécialiste de la fertilité fait en général le point sur les antécédents des deux partenaires, prescrit les bilans évoqués ci-dessus et explique les options. Quelques points utiles à aborder :

  • la ou les causes probables des difficultés, et l’intérêt d’essayer d’abord un traitement plus simple ;
  • la technique proposée, ses bénéfices attendus à votre âge et ses risques ;
  • les mesures d’hygiène de vie utiles, comme l’arrêt du tabac et un poids adapté ;
  • le nombre d’embryons transférés et le devenir des embryons non utilisés ;
  • le soutien psychologique, car un parcours d’AMP peut être éprouvant.

Pour aller plus loin à la Clinique La Rose

Questions fréquentes

Au bout de combien de temps faut-il consulter ?

L’OMS définit l’infertilité par l’absence de grossesse après 12 mois de rapports réguliers non protégés ; le NHS conseille de consulter après un an, plus tôt si la femme a 36 ans ou plus ou si un problème est déjà connu.

Peut-on être infertile si l’on a déjà un enfant ?

Oui. On parle d’infertilité secondaire : difficulté à concevoir après au moins une grossesse antérieure.

Quelle différence entre insémination et FIV ?

Dans l’insémination, des spermatozoïdes préparés sont déposés dans l’utérus et la fécondation a lieu dans le corps. Dans la FIV, la fécondation se fait au laboratoire et l’embryon est ensuite transféré dans l’utérus.

Le mode de vie influence-t-il la fertilité ?

Oui. Le tabac, l’alcool en excès, l’obésité et la maigreur importante peuvent réduire la fertilité, selon l’OMS et le NHS.

Références

Cet article est donné à titre d’information. Il ne remplace pas une consultation médicale : en cas de doute, parlez-en à votre médecin.